Originaire de Gironde, Alain Beillerot s’installe, en 1954, avec ses parents à Vitry-sur-Orne, commune où il réside encore aujourd’hui. Agé de 59 ans, marié depuis 36 ans avec Marie-Anne, père d’une fille (Céline) et grand-père de deux petits enfants (Matthieu et Marc), Alain Beillerot est en pré-retraite depuis deux ans, après notamment 25 années passées dans la sidérurgie
Pour quelle raison décide-t-on un jour d’aller voir un prêtre pour lui demander comment
devenir diacre ? Ce ne fut pas pour moi une idée préméditée, mais plutôt l’aboutissement
d’un cheminement progressif. Dans mes premières années de mariage avec Marie-Anne,
notre engagement associatif a été important. Puis avec l’équipe de la chorale paroissiale
de Clouange, nous œuvrons dans des manifestations, afin de venir en aide aux personnes
en difficulté et aux associations caritatives. Cela nous comble de bonheur et nous
permet de maintenir un équilibre : famille, engagement dans l’Eglise et travail .
Il y a plus de quinze ans, l’équipe paroissiale nous a proposé quelques jours de
retraite dans un monastère à Notre-Dame d’Acey (Jura). Nous y avons découvert la
vie monastique, l’écoute du silence, la prière. Cela nous a interpellé sur les événements
de notre vie et nous a apporté un éclairage nouveau sur notre foi, une ouverture
à l’Amour infini de Dieu. Lors d’une retraite en 2000, au cours d’un entretien avec
le Père hôtelier de la communauté, ce dernier m’a parlé du diaconat. Il m’a notamment
expliqué les missions du diacre dans l’Eglise et m’a conseillé de réfléchir à ce
ministère. Particulièrement à ce lien entre être signe du Christ serviteur que l’on
ne voit pas et être au service des hommes et femmes dont les plus faibles, les plus
fragiles, les plus menacés…
Des événements successifs m’ont ensuite interpellé: l’ordination
diaconale de Gilles à Rombas ou encore la première réunion après le départ de notre
prêtre en retraite au cours de laquelle je me suis porté volontaire pour les préparations
au baptême des enfants. Lors de la formation que je me suis imposée avec l’équipe
de Rombas, les dames avec qui j’ai partagé les réunions m’ont dit : Tu devrais penser
au diaconat.
Lors de rencontres « Carême à domicile », auquel nous participions dès
sa mise en route dans notre paroisse, les personnes avec lesquelles nous avons partagé
ces soirées me disaient : Le diaconat, tu y penses ? Mon épouse et moi avons alors
passé deux années de formation à l’EDACE avec les animateurs qui nous ont aidés à
réfléchir sur notre foi .
En septembre 2003, je passe le portail de l’Abbaye d’Oriocourt,
accompagné de mon épouse pour l’entrée en discernement comme candidat au diaconat
permanent. Au début, j’appréhendais les rencontres de formation. Que de questions
sur moi-même : ma foi, mes sentiments, mes modestes capacités intellectuelles, mes
connaissances théologiques limitées. Au retour, je partage un moment privilégié avec
mon épouse : nous parlons du vécu de la journée, des temps de prière partagés, de
la convivialité entre les participants à ces journées, des formateurs qui sont attentifs
à protéger notre couple de toutes les résistances. Comme pour des petits enfants
qui apprennent à grandir dans la vie, ils nous entourent de leur bienveillance.
Discerner
sur sa foi et son engagement n’est pas facile à exprimer. A la fin de cette année
de discernement, je me suis fait cette conviction : Je ne crois pas que l’on est
diacre parce qu’on aurait trouvé Dieu. On devient diacre parce que l’on veut servir
et chercher Dieu, encore et toujours. Notre vie chrétienne est toujours en train
de se construire. Notre plus grand souhait, avec Marie-Anne, est que notre cheminement
continue avec notre Seigneur afin de devenir ses ouvriers et que nous reprenions
à notre compte la prière faite au Seigneur Jésus par saint Ignace de Loyola : Apprends-nous
à être généreux, A te servir comme tu le mérites, A donner sans compter, A combattre
sans souci des blessures, A travailler sans chercher le repos, A nous dépenser sans
attendre d’autre récompense que celle de savoir que nous faisons ta sainte volonté
La redécouverte avec mon épouse de l’amour du Seigneur, au coeur de notre vie, nous
comble de bonheur ! Nous sommes membres de la famille de Dieu donc citoyens du peuple
Saint. J’ai découvert avec joie que s’engager pour la vie entière est un acte de
liberté comme dans le mariage et dans la vie religieuse. On ne renonce pas à sa liberté,
on la pousse vers sa perfection : Grandes sont les oeuvres du Seigneur, tous ceux
qui les aiment s’en instruisent. (Ps 110 ,2) Je souhaite devenir un bon gérant de
la grâce de Dieu car Jésus continu de passer sur notre route. Il me regarde et son
appel est toujours le même : Viens suis-moi. Toute l’initiative vient de lui : il
appelle qui il veut et quant il veut. On ne choisit pas, on est choisi. Il nous laisse
la liberté de la réponse.